
"Et le ver rongera ta peau comme un remords"
Charles Baudelaire

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Une soirée vendéenne
ou la campagne d'effarouchement des étourneaux
S. Fuentes
À feu Philippe Muray
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[...] Les invités arrivèrent par vague successive. En moins d’une heure l’appartement fut plein d’une faune étrange, bien que totalement inoffensive. Je savais déjà de la bouche de Lou que les trois mecs branchés avec qui elle était arrivée besognaient dans une boîte de pub parisienne, sur les tournages où Lou travaillait régulièrement. Pour le reste des convives, il me fallait me faire espion et glaner quelques informations par-ci par-là, ce que je fis, après avoir avalé quelques petits fours et cinq whiskys : Un musicien en pantalon seventies qui jouait de la guitare dans un groupe de trip hop – Une coquette secrétaire qui rêvait de fonder une famille étincelante dans laquelle elle pourrait trouver la satisfaction et le repos, et qui, en attendant, se faisait baiser par l’essaim de cadres dynamiques qui bourdonnait dans les couloirs de l’entreprise où elle travaillait, le hasard ayant pu laisser traîner le prince charmant parmi ces malheureux insectes du Capital – Un professeur d’anglais qui écrivait de la poésie et tentait de se donner une profondeur en vous fixant avec les yeux grands ouverts, comme un hypnotiseur – Un garagiste à qui Lou donnait sa voiture à réparer, et qui avait de grosses mains incrustées de graisse noire – Un futur Président de la République avec une voix grave et un costume impeccable, qui, tout juste sorti de son école de communication, souhaitait faire carrière en politique et profitait de l’auditoire pour tester quelques-uns de ses slogans.
[...]
p. 17 
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Digestions
C. Savona
Stomach brain
p. 35 
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Conquête du Désastre (phase 3)
F.P. Meny
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[...]
- Bienvenue dans le panier de crabes et chez les top models.
- Bonjour, bourrée de tics et plein de complexes je suis une métaphore
cul cul la praline
Pan Bania la régularité du métronome sous les lignes à haute tension
tout près des moissonneuses batteuses. Pan Bania aime l’adversité
mais il aimerait aussi le champagne. Pan Bania deviendrait-il un
personnage récurrent. Pan Bania au Fest-Noz Pan Bania au Tex
Mex, Pan Bania sur meetic.fr, Pan Bania dans l’Algeco, non mais
décidément, les câbles enterrés n’aiment pas les sols secs.
Cléa vacances sur le mur de l’église, signale au regard le champ
du repos. Cher poète cher proscrit cher vigneron je vous invite au
nom de mes vers de mon exil à venir prendre le Thé ce soir et
surtout pas d’embrouilles, on fera karaoké les filles ont les tétons
qui pointent les gars des polos et le décor c’est la base sous-marine.
Les proxénètes de la sensation du divers cherchent le refuge qui
saura les accueillir, non, l’été c’est pas pour nous, trop galère.
Depuis Rossini je suis dans le rouge. Trois points de contact avec le
sol. Les mouches Tsé-Tsé sont vivipares les guêpes pondent au
centre des sarcasmes c’est sûr que les cahiers du cinéma c’est pas
très rock’n roll.
[...]
p. 41 
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Stroheim
B. Hildenbrand
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[...] Dès
que l’on a besoin d’un personnage d’Allemand ou de Prussien dans
un film, on fait appel à lui. Ces rôles ne sont pas toujours aussi
nuancés que dans
le film de Renoir. Il interprète le plus souvent l’archétype
de
l’Allemand, c’est-à-dire l’Allemand tel que l’on se l’imaginait
à
l’époque. C’était souvent un officier militaire, qui aimait la
guerre
et ses cruautés, un de ses personnages très facile à identifier
comme le méchant de l’histoire et que par dessus tout, l’on aime
détester. Dans l’imaginaire collectif de l’époque, Stroheim
représente le stéréotype de l’officier allemand. Son visage froid,
son accent métallique lui permettent de coller parfaitement à
cette
image que l’on se fait de lui. Cette image qui lui collait à
la peau, est
beaucoup trop limitée. Stroheim n’était pas seulement un brillant
acteur mais aussi un génial réalisateur.
[...]
p. 46 
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Carbon Prints
M. Macku
Carbon Print No.33
p. 54 
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Regards sur Sisyphe
J.B. Petit
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Sisyphe est un personnage qui relève de la pensée mythique, ligne constitutive de l’écriture, entendue comme ce qui obéit à la loi de la récursivité, langage vide ou machine textuelle pour Barthes et Calvino, catachrèse de la civilisation et, par là, anaphore mémorielle de ce qu’il conviendrait de nommer la sémiomondanité, pensée de l’hypotexte (le texte premier qui décline l’origine et qui, en tant que tel, ne livre que la part réfléchie de son irréflexion originelle... à moins que ce ne soit le concept d’origine qui en lui-même représente la présentation) qui s’excède sans jamais pouvoir s’épuiser. Sisyphe est l’ouvrier de notre bibliothèque perceptive, ou proxémie (science du lieu conçu ou habité par l’homme) et, en définitive, le cryptogramme même de l’acte indépassable de la responsabilité, s’il est vrai que la responsabilité est ce par quoi s’institue la frontière entre le moi et l’entre-moi, ou être-pourautrui. Sisyphe est un problème interhumain. En tant qu’archétype de la responsabilité, Sisyphe saisit rigoureusement, quoique du dehors dans la mesure où il ne peut avoir qu’une insuffisante intériorité par rapport à la divinité, que toute exigence est sans droit.
[...]
p. 58 
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Égrégores
A. "Agnex" Pointier
Grand Profil
p. 77 
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Abrogation pré/post utérine
J. Kostrzewa
p. 77 
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Big Crapo
D. Raymond
p. 98 
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Le chant ou la distance
Seconde variation sur le mythe d'Orphée
D. François
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[...] Il a ressenti à s’en croire deux fois le vertige pascalien. La première, ce fut quand il comprit qu’il était totalement abruti, vaniteux, vain, et pédant de croire qu’on pouvait écrire sans lire. Il a lu. Lire est le seul moyen de voir que la route qu’on empreinte est infinie. (Tiens, un autre sens du mot signe est empreinte qui appelle l’image de l’objet qui l’a imprimée. … Qu’est-ce qu’on fait avec ça ?) Un livre en appelle toujours un autre. Vertige. Les bibliographies n’ont pas d’autre but. Une bibliothèque est aussi inépuisable qu’un texte. Le ciron, c’est le codex. “Tout le malheur de l’homme vient de ce qu’il ne sait pas demeurer en repos dans une chambre.” Où est sa place. Cette phrase a aussi ce sens. Et pourtant on écrit. Donc on lit. Projet absurde.
La seconde fois qu’il a pu ressentir ce vertige, ce fut en lisant Schopenhauer : l’homme ne croit qu’il est libre que parce qu’il est plongé dans le présent et son apparente contingence, quand il regarde sa vie, se retourne, il s’aperçoit alors effaré, a posteriori, qu’il n’a jamais eu de choix. Les hommes ont depuis longtemps cette conscience. Il en est persuadé. Comment comprendre autrement la tragédie (ce n’est pas une question). La crainte est éprouvée pour une forme à la place de laquelle on peut se mettre (ou se faire mettre). La pitié, la peine qu’on prend comme pour soi-même. C’est en ce sens qu’il faut entendre la catharsis. La tragédie nous fait embrasser en un ensemble notre destin. Si nous ne le savons pas, nous le sentons. [...]
p. 106 
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