
"Nous parlons la même langue, et pourtant je ne vous comprends pas."
Deleuze et Guattari

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Éloge de la partition
P. Broséus
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Nous dépérissons à l’aune du traitement de la marchandise, au rythme du traitement marchand que nous subissons. Un des pires ennemis : la marchandise culturelle, le tout venant du supermarché médiatique mêlé à l’art en vrac, l’art que l’on nous donne à voir « muséifié » (dans l’état de mort latente que construisent les expositions débilitantes, assénées par le marché des affaires culturelles), la littérature que l’on s’applique (didactiquement par exemple, et donc au pire) à déprécier ou trahir (mais est-il question ici de littérature ?), selon l’ordre de ce qui prétend s’enseigner (dans l’organisation libérale ou pas, mais toujours normalisée et bureaucratique de la sous-éducation). La médiation culturelle (informatique, journalistique, pédagogique, médicale généralisée) vaut également et dans tous les cas comme émasculation de l’humain. Dans le sans-distinction du sous-disant culturel, le livre, le tableau, l’œuvre musicale, comme tous les objets essentiels du quotidien (et il n’y a d’objets essentiels que du quotidien), sont réduits à être lieux d’immobilisation ravageuse. Ravage de tout l’être. Nous pourrions, si ce n’est déjà fait, être ramenés, avec ce monde frelaté du consommable et de la fausse monnaie, à l’état vieux ou fossile : morts sans avoir vécu, morts d’ennui et de frustration, morts d’avoir subi les abstractions régressives des pouvoirs (de tous les pouvoirs) qui ont fonction d’empêcher de vivre. Mais qu’est-ce que vivre ? Y-a-t-il une seule autre question qui mérite à jamais d’être posée ? [...]
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Restes ambiants d'un rituel qui se perd
D. François
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Le dilettantisme, la parole absurde, les paralogismes du monde sans caries, ce qui tourne en rond et macère, ce qui atteint le cervelet dans sa motricité, le désert finalement de ce temps sont tels que je me sens obligé d’être violent, terroriste, dans les mots bien sûr et dans l’entre toujours, inaccessible, les relations, car par retrait, c’est là que tout se passe ; une esthétique de la violence (avec diérèse même en prose, et étirement en final) et de la cruauté (dans ce qu’elle a de cru et de perte), ne serait-ce que pour faire ressortir quelque chose, un surplus (même de vice), voire une parole vraie : magique car réactive, comme un reste, un excédent qui n’est pas de trop (car il n’est pas) dans ce désert qui n’en a plus (qui en a trop), et s’il me faut cracher et suer pour faire sortir ce rien du corps, j’irai jusqu’à saigner hors de mon ventre, par la tête et le nez., à l’acmé d’une période contre le mur par un mouvement éclatée. L’esthétique de la cruauté, comme nécessité de chier, pour être prêt à mourir, assassiné/assassinant, ne pas consentir à vivre comme un mort, ou une rascasse disséquée à vif, sur une table d’opération, cervelet offert, une cruauté comme une pudeur, pour les amis surtout, les autres ensuite. [...]
p. 27 
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Botched Creatures
G. Domaradzki
p. 42 
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Bâtons et totems de l'oeil - KA
J. Galdo
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tirer la langue
et la lover dans les fissures de la matière
là où ruminent les failles du silence
lézardes des abîmes à la fente ouverte où se déchire la terre noire de l’écriture
là où chaque signe se gorge de l’éternel retour des morts
& ça
ça traîne comme un corps dans l’éternité
& l’annellement du pire au centre trou
retourne la face dans son dépliement d’ombre
au cratère de la douleur
l’emportement à l’extrême bord où la gueule d’ombre déchire la bouche
& compacter la langue dans son nid de nerfs
afin de la recomposer dans les gémissements de la matrice
& des roulements de vents
et des entrechoquements d’orages
et des broyages de foudre
et des écrasements de lumière noire
et cette pulvérisation de matière béante engoncée dans les torsions de l’espace
& le ka dit :
_ La langue noire remue les cendres afin de les aspirer dans sa douleur...
p. 52 
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Autopsies métamorphiques
P. Lowry
p. 74 
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Une ombre en partance
S. Fuentes
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L’Atlantique, elle n’avait jamais pu trouver assez de courage pour le traverser. Plus les années passaient, plus les chances de voir un jour
Hollywood s’amenuisaient. Tout bien réfléchi, aller en Amérique n’avait jamais été un but, elle se contentait de ses rêves en restant à Brest. C’était là sa malédiction. Car si par malheur vous ne pouvez quitter Brest, Brest se referme sur vous comme un piège et commence par vous grignoter la rate, le foie, la dignité, l’horizon, la moelle, puis lentement, sans bruit, le cœur et l’âme, pour vous laisser traîner le long de ses trottoirs, vide comme une carcasse dépecée. Alors vous vous retrouvez dans une belle merde !
Et lorsque je la vis sortir de la salle de bain, aussi nue qu’elle y était entrée, marchant de son pas chaloupé avec ses cheveux tristes et mouillés qui lui dégoulinaient sur le visage, je ne pus m’empêcher de penser qu’elle y était jusqu’au cou, Lia, dans la merde de Brest.
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p. 83 
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Communion
Seth S. Anton
p. 105 
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Débris ésotériques : Osiris ossifié
ou les suppliques du corps valétudinaire
J. Kostrzewa
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Il n’y a que le trait déchiré qui m’interpelle
Le trait tragique
Le trait syllabique d’une phrase abandonnée/lâchée autonome dans une période de trêve
Sans autre forme que la tare plastique de l’illisibilité même…
L’oscillation pulsatrice, nécessiteuse d’une compensation leurrée
Des traits, des traits pour ne pas lacérer le premier venu
Pour ne pas trancher la gorge du voisin de palier, de la foule de voisins de palier…
Le trait incarné dans le cri
Les spasmes incandescents
L’extase avortée
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p. 114 
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